Index > Patrimoine >

Les moulins de Cléden

Longtemps, Cléden fut, comme tout le Cap-Sizun, un « pays de moulins ». Sur ce plateau sans grande rivière mais ouvert à tous les vents du large, c'est le vent qui faisait tourner les meules : les moulins se dressaient au sommet des collines, bien en vue de la mer.

Une floraison du XIXe siècle

Ce ne sont pas de vieux monuments : l'immense majorité des moulins de Cléden datent du XIXe siècle. La carte de Cassini n'en compte que six vers 1786 ; puis ils se multiplient — treize sont bâtis entre 1837 et 1950 —, pour atteindre leur apogée autour de dix-huit moulins vers 19501.

Cette prolifération accompagne l'apogée de la commune. Au XIXe siècle, Cléden n'a jamais été aussi peuplée, et l'on cultive partout le grain — blé, seigle, sarrasin. Chaque hameau, ou presque, veut moudre le sien sans dépendre du meunier voisin : on élève donc un moulin sur la moindre butte ventée. Le déclin, ensuite, est rapide — l'exode rural vide les campagnes et la minoterie industrielle rend les moulins inutiles : il n'en subsistait plus qu'une dizaine, pour la plupart en ruine, au recensement du patrimoine de 20181.

Deux moulins déjà présents en 1786 tiennent pourtant encore debout : celui de Kertanguy, transformé en habitation, et celui de Kersaudy, en fort mauvais état, qui porte gravées sur ses pierres les dates de 1651, 1836 et 18391.

Trois sortes de moulins

Le moulin-tour est le plus répandu : une tour de granit d'un seul niveau, coiffée d'une toiture tournante montée sur un arbre — du bois sur du bois, largement graissé au saindoux —, qu'une longue queue de bois permet d'orienter face au vent.

Le moulin « kandelou » est un petit moulin de famille : un corps de bois cylindrique qui pivote sur un socle de granit. On l'élevait pour moudre chez soi, sans passer par le meunier professionnel et ses droits. Cléden en garde deux, à Trouguer et à Théolen.

Le moulin à eau, enfin, est ici l'exception : un seul, à Kerham, le long d'un ruisseau, aujourd'hui très dégradé1.

Quelques moulins clédinois

Les moulins se répartissent surtout sur la côte nord, le long de l'ancienne voie romaine — Trouguer, Kernot, Kerbesquerrien, Kerharo, Mescran… — ou autour du bourg : Kerazan, Barboa, Kervo, Mesguen. Le souvenir en est resté dans les noms de lieux : plusieurs villages s'appellent encore Meil (« moulin » en breton) — Meil Kerharo, Meil Kernot, Meil Kervo. Parmi eux :

Aujourd'hui

La plupart ne sont plus que des tours arasées, gagnées par la ronce ou reconverties en habitations. Mais la sauvegarde du « pays des moulins » du Cap n'a pas oublié Cléden : la restauration de Trouguer en est le témoin, et l'ensemble des moulins du Cap fait aujourd'hui l'objet d'une même valorisation (voir le XXIe siècle).


1. Inventaire général du patrimoine culturel de Bretagne, dossier collectif « Les moulins de Cléden-Cap-Sizun » (réf. IA00005987), complété par les fiches individuelles des moulins de Kerazan, Kersaudy et Roz, sur patrimoine.bzh. Les dénombrements s'appuient sur la carte de Cassini (1786), le cadastre (1837) et les cartes d'état-major du XIXe siècle.

Localisation

Coordonnées GPS : 48.058592, -4.701698

À proximité : Trouguer (210 m), Camp gallo-romain de Trouguer (230 m), Four de Keriolet (290 m), Kerhuet (340 m), Kerninon (360 m), Calvaire de Croas-Kerninon (430 m).