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Pors Théolen

Cette petite plage, au bord de la voie romaine, se situe non loin du village du même nom. Elle doit sa particularité à l'énorme rocher qui semble posé sur le sable. On y accède par une petite route serpentant au creux d'une vallée. Notons également l'existence de deux amers, l'un à gauche du chemin accès, l'autre surplombant la plage plus à l'est. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ils ne servaient pas à rejoindre la plage : ces deux tours de granit, distantes de 700 mètres, marquaient la limite ouest d'une base de mesure de vitesse de la Marine, dans la baie de Douarnenez. Les bâtiments de guerre s'y alignaient pour chronométrer leur vitesse entre deux repères et en déduire le rapport entre les nœuds et les tours d'hélice1.

Histoire et aménagements

Carte postale ancienne de la plage de Théolen

Pors Théolen, c'est « le port de Théolen » — le nom du village voisin, un peu plus haut, dont la fiche raconte l'origine ; la buvette, elle, domine directement la plage, en contrebas.

Porz Théolen fut l'un des cinq petits ports d'accostage de la côte nord de Cléden, et l'un des deux seuls — avec Le Louédec — à découvrir une plage de sable à marée basse2. En 1884, on y établit une cale de soixante mètres de long sur trois de large : un noyau de pierres sèches enserré entre deux murs maçonnés, coiffé de dalles cimentées et bordé d'un garde-fou métallique2. En 1888, la commune ouvrit un chemin d'accès à la grève et demanda que la cale fût portée à quatre mètres, pour haler plus aisément les bateaux et laisser passer les charrettes qui venaient charger le sable ; elle n'obtint pas satisfaction2.

Le registre des délibérations municipales garde la trace de ce long combat : en 1885, on réclame de décapiter d'urgence les rochers qui, au bas de la cale, empêchent les charrettes de descendre ; en 1887, le conseil vote l'élargissement ; en 1891, les Ponts et Chaussées en dressent enfin le plan, financé pour partie par une souscription des marins3.

Les canots, qui ne mesuraient guère plus d'un mètre cinquante au maître-bau, étaient hissés à bras d'hommes ; aujourd'hui, plus aucun bateau n'est attaché à ce port2. La cale, refaite en 1975 puis renforcée après les tempêtes de l'hiver 1977-1978, ne sert plus guère qu'à la mise à l'eau des canots des derniers pêcheurs.

Les épaves de Porz Théolen

Photo de Porz Théolen à marée basse

Le port a connu ses drames. Daniel Bernard rapporte que, le 10 janvier 1885, le Saint-Herlé, à Clet-Yves Le Goff, rompit ses amarres à Porz Théolen et se brisa sur les récifs2.

Une forme noirâtre se découvre à marée basse et lors de forts coefficients ; à première vue on pense à un rocher, tant ils sont nombreux sur la plage, mais il s'agit en fait des restes d'un navire à vapeur, le Premier, échoué en 1886, dont il ne reste que la chaudière. Non loin gît une autre épave, celle d'un avion, dont il subsiste probablement très peu de chose, car la mer remue sans cesse le fond sableux de la petite crique.

Porz Théolen aujourd'hui

Malgré qu'elle soit abandonnée par les pêcheurs, cette plage n'en est pas pour autant déserte. Sa proximité avec la D7 en fait une plage très prisée par les vacanciers durant la saison estivale. De plus, en cas de grosse chaleur, ceux ci peuvent facilement se désaltérer à la buvette surplombant la plage.


1. Inventaire général du patrimoine culturel de Bretagne, dossier « Alignement de deux amers, Pors Théolen » (réf. IA29133698), patrimoine.bzh. La base servait à mesurer la vitesse des navires de guerre dans la baie de Douarnenez, repérée sur les cartes marines dès 1909.

2. Daniel Bernard, Cléden-Cap-Sizun, monographie d'une paroisse du Cap-Sizun, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tomes LXXVI-LXXVIII, 1950-1952.

3. Cléden-Cap-Sizun, registre des délibérations du conseil municipal (1885-1929), délibérations de 1885, 1887 et 1891 ; transcrit et consultable sur documents.cap-sizun.com.

Localisation

Coordonnées GPS : 48.060700, -4.671421

À proximité : Pors Theolen (50 m), Poulharadec (470 m), Kerbesquerrien (500 m), Théolen (620 m), Moulin de Kernot (770 m), Bellevue (780 m).