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La chapelle de Langroas
Cette jolie petite chapelle, tapie dans la verdure sur la route allant de Cleden à Goulien, est située à une intersection menant au village de Brézoulous. Elle a la forme d'une croix orientée vers l'ouest et est entourée d'un enclos qui n'est autre que l'ancien cimetière. Elle tient son nom du village de Langroaz, tout proche. Malgré sa simplicité, elle dégage tout le charme indescriptible caractéristique des chapelles Bretonnes.
Daniel Bernard lui a consacré en 1909 une étude de seize pages dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère2, où il dépouille les comptes de fabrique, les registres paroissiaux et les archives du district de Pont-Croix. C'est de ce travail que vient l'essentiel de ce qui suit. Le chemin vicinal qui passe devant la chapelle s'appelait alors Gariel an Iliz, le chemin de l'église — d'aucuns, note-t-il, disaient plutôt Gariel an Ifern, le chemin de l'enfer.
Si cette étude est aussi minutieuse, ce n'est pas un hasard : Daniel Bernard habitait à deux pas, au village de Brézoulous, et fréquentait la chapelle assidûment4. C'est précisément le chemin qu'il décrit — ce Gariel an Iliz partant de la chapelle — qui mène à son village, qu'il orthographie d'ailleurs Brouzouloux. Cela explique bien des choses : la statue vermoulue reléguée dans la sacristie, les petites figures de chêne dont personne ne savait plus ce qu'elles représentaient, la corde de cloche rachetée presque chaque année, la mendiante trouvée morte sur les degrés de la croix de Primelin. Ce ne sont pas des trouvailles d'archives, ce sont des choses vues.
Langroas ou Langroaz ?
Les deux graphies se rencontrent, et elles ont chacune leur logique. Le nom vient du breton lan ar groaz, le lieu consacré de la croix — lan désignant un ermitage ou un enclos sacré, kroaz la croix. En orthographe bretonne, le mot s'écrit avec un z final : Langroaz, et c'est la forme qu'emploie Daniel Bernard dans son étude de 19092, comme c'est celle que porte la liste des villages de la commune. La forme Langroas est la francisation, celle qui s'est fixée dans les documents administratifs et dans l'usage courant — c'est aussi celle que ce site emploie le plus souvent. Les deux désignent le même lieu, et l'on trouvera ici l'une comme l'autre.
Un troisième nom a existé, plus ancien : en 1643, les comptes de fabrique appellent l'édifice la chapelle de la Vraye Croix, traduction pure et simple du breton. La chapelle est aujourd'hui dédiée à Notre-Dame des Sept-Douleurs, mais reste dite de Sainte-Croix.
Histoire de la chapelle
La chapelle daterait vraisemblablement de 1747 commme en atteste l'inscription visible au dessus de la fenêtre su transept sud:
FAIT : ENTIER
EMT : LAN. 1747
MESSIRE : AH.
DARCY : Rr
Une troisième inscription, moins connue, se lit au-dessus d'une porte latérale murée du même transept. Elle donne les noms des fabriciens de l'année, ceux qui ont tenu les comptes du chantier :
J. BARBEOCH. FAB.
M. TRIVIDIC. A. GUILLOU.
1747
La clocher aurait, quant à lui été terminé dans l'année 1752, une inscription est visible à sa base:
F. PERRICHON. Rr. 1752
La chapelle actuelle remplace une autre qui était située au même emplacement mais qui était probablement dans un état de vétusté avancé. Daniel Bernard n'a retrouvé aucun renseignement sur ce premier édifice — mais il en existe au moins une trace indirecte, et elle est parlante. Le registre des comptes de la chapelle de Saint-They pour l'année 1643 conserve en effet l'acte d'un échange de cloches entre les deux chapelles :
Ce jour traiziesme de septembre 1643, a esté fait l'eschange des cloches de la chapelle de Mr Sainct Tey et de la Vraye Croix, situées en la parroisse de Cléden-Cap-Sizun. La cloche qui estoit nouvellement construite et faicte pour la chapelle de Mr Sainct Tey est randue à la chapelle de la Vraye Croix et la cloche qui estoit à la chapelle de la Vraye Croix est randue à la chapelle de Sainct Tey. D'auttant que la cloche qui estoit faicte pour la chapelle de Sainct Tey est trouvée plus pesante et plus valoir que la cloche qui estoit à la chapelle de la Vraye Croix, du consent du Sr Recteur, seigr de Kazan, et parroissiens soussignants, est dict d'accorder par la fab. de la chapelle de la Vraye Croix payer au fab. de la chapelle de Sainct Tey la somme de vingt-quatre livres. 2
La chapelle portait donc alors le nom de la Vraye Croix — Langroaz, Lan ar Groaz, le lieu saint de la croix — et l'échange s'est fait à la valeur, la fabrique de Langroas versant vingt-quatre livres de soulte à celle de Saint-They. Un siècle plus tard, en 1747, on rebâtissait.
Intérieur de la chapelle
L'entrée par la porte ouest se fait dans un petit vestibule séparé de la nef par une cloture à claire-voie dont les colonnes montent jusqu'au plancher de la tribune. Jusque vers 1880, rapporte Daniel Bernard, cette grande porte n'était jamais fermée : tout passant pouvait entrer librement faire ses dévotions et déposer son offrande dans un tronc massif en bois placé contre la balustrade, et certains mendiants prenaient même leur gîte de nuit dans le vestibule, sur le large banc de pierre que forme le rebord des soubassements.
Passons en revue les trois autels. Celui situé dans le transept nord est initialement dédié à sainte Anne. Son retable porte deux colonnes torses feuillagées surmontées d'un panneau à tête d'ange en relief. En 1909, l'ancienne statue de sainte Anne, entièrement vermoulue, avait déjà été reléguée dans la sacristie et remplacée par une statue moderne. Il est surmonté d'un ex-voto représentant un navire qui peut être celui cité dans le texte suivant: En 1836, dit M. Nicol, deux marins qui se croyaient sauvés d'un naufrage par l'intercession de la Sainte-Vierge, y vinrent en pélerinage; l'un, Guénolé Kerloc'h, laissa en ex-voto à la chapelle une statuette de la Vierge; l'autre, qui était commandant d'un navire de guerre et originaire de Brest, offrit en ex-voto un petit navire1.
Dans le transept sud, on peut observer un groupe de 5 personnages. De gauche à droite, le premier personnage représenterait de Pilate. Le second serait un larron, c'est à dire un des deux voleurs ayant été crucifiés avec Jesus. Le troisième représente le seigneur. Le quatrième serait le deuxième larron. Enfin, le dernier serait Hérode. Les personnages sont de grandeur presque naturelle, et les deux figures des extrémités sont séparées des trois autres par deux colonnes. Sous le groupe court une peinture qui reproduit trois scènes de la Passion : au milieu Jésus portant sa croix entouré de soldats et de femmes, à droite Pilate se lavant les mains, à gauche la flagellation.
L'abside est séparée de la nef par une balustrade en bois, dont l'inscription était déjà presque effacée en 1909 ; Daniel Bernard n'a pu y déchiffrer que F. BARBEOCH. FAB. — le même nom que sur la porte murée du transept. Elle comporte un autel en granit couvert de panneaux de bois peints surmonté par une statue de la Sainte Vierge tenant le corps inanimé de son fils sur ses genoux. Le retable qui l'encadre est daté de 1757, dix ans après la reconstruction, par une inscription gravée à sa base.
Une curiosité a disparu depuis : on remarquait alors dans la sacristie plusieurs petites statues de chêne non peintes, tous ces personnages ayant une main sur le côté de la tête et l'autre pendue au côté. Ni ce qu'ils représentaient ni leur provenance n'ont pu être établis2.
Le calvaire
Le calvaire dressé dans un coin du cimetière est décrit en détail sur la page consacrée aux calvaires de Cléden. Retenons ici ce qui le rattache à la chapelle : il fut érigé à son emplacement actuel en 1778, du temps du recteur A. Jannic, par le maçon Yves Rozen, payé 105 livres pour ce travail et la réparation du mur du cimetière. Il remplaçait une croix de bois garnie d'un grand Christ, encore conservée dans la sacristie en 1909. La même année 1778 vit d'importantes réparations à la chapelle : le fabricien note 154 livres dépensées en planches, plomb, étain, clous, cire, suif, résine, peinture d'huile, pierres, et en salaires d'ouvriers.
Un détail dit assez la vie de ce lieu : presque chaque année, les comptes de fabrique portent l'achat d'une nouvelle corde de cloche. La tradition rapporte qu'une année, à force d'être carillonnée, la cloche fut arrachée de son clocher et s'abattit au milieu des pèlerins — sans blesser personne2.
Les fontaines
Deux fontaines accompagnent la chapelle : l'une est pratiquée dans le mur même du cimetière, l'autre est surmontée d'un édicule arrondi en pierres de taille. Cette seconde était déjà, en 1909, à demi enfouie et comblée de vase par suite d'une surélévation de la chaussée de la route. Aucune des deux ne renferme de statue, ce que Daniel Bernard note comme assez rare au Cap-Sizun. On les vidait et on les nettoyait pour obtenir la guérison des rhumatismes.
Cet office pouvait se faire par procuration, et il était rempli à la fin du XIXe siècle par une mendiante connue dans tout le Cap-Sizun sous le nom de Mari Koste'n hent, Marie du bord du chemin. On ne lui connaissait ni famille ni demeure fixe, et sa seule occupation était de nettoyer toutes les fontaines du pays et de faire la toilette de leurs saints patrons. Pour une aumône, elle se rendait à l'endroit qu'on lui indiquait vider la fontaine à l'intention de la personne qui l'avait secourue. Rien ne la courrouçait davantage que de voir les bestiaux se désaltérer de l'onde sacrée ; et lorsqu'elle voyait une eau rouillée couler au fond d'un chemin creux, elle suppliait les gens d'alentour d'y élever une fontaine, parce que, disait-elle, cette eau n'était autre chose que le sang de la Vierge. Un matin des environs de 1907, on la trouva morte sur les degrés de la croix de Primelin. Daniel Bernard, qui s'excuse de s'écarter de son sujet, voyait en elle la dernière vestale du culte des fontaines2.
Le pardon de Langroaz
Comme les pardons des saints patrons de Cléden, celui de Langroas attirait autrefois une foule de fidèles. Il se fait aujourd'hui le dimanche qui suit le 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge ; il se tenait autrefois le jour même de la fête, et les recettes du fabricien montrent qu'il attirait des pèlerins de tous les coins du Cap-Sizun et de plus loin encore.
Les offrandes n'étaient pas seulement en argent : on donnait du lin, de la filasse — pengodou lanvos —, des coiffes et des bestiaux, que la fabrique revendait ensuite. En 1766, la vente des coueffes à Henry Trividic, du village de Ménez-Groaz, rapporta 2 livres 15 sols. Le plus ancien compte de fabrique conservé, celui de 1762, porte une recette totale de 254 livres.
La veille de la fête, les jeunes filles des environs se faisaient un devoir de nettoyer la chapelle et de faire la toilette de la Vierge. On lui mettait autrefois une cornette, eur paléur, sorte de coiffe à la Reine Anne que les nouvelles mariées et leurs demoiselles d'honneur portaient encore au début du XXe siècle les jours de mariage. Plus tard on se contenta de lui passer autour du cou un ruban violet portant une croix, de lui poser un cœur de vermeil sur la poitrine et de lui mettre à la main un bouquet de rubans multicolores. Les attifeuses reculaient alors de quelques pas pour juger de l'effet :
Sellet, laouennoc'h eo tialz ar Verc'hez, c'hoarzin a ra !
Regardez, elle est beaucoup plus gaie, la Vierge, elle rit !
Toutes ces précisions sur le pardon, ses offrandes et ses comptes viennent des registres de fabrique dépouillés par Daniel Bernard2.
Le sort de la chapelle pendant la révolution
La chapelle, comme toutes les autres chapelles de Cléden, fût vendu comme bien national sous la révolution. Les archives du district de Pont-Croix permettent d'en suivre le détail.
L'inventaire fut dressé le 9 février 1793 par Mathieu Thalamot, notaire à Custren en Esquibien, assisté de Joseph Guezno d'Audierne. Il énumère le linge et les ornements : deux devants d'autel, douze nappes d'autel, sept serviettes, un pavillon, un morceau d'indienne, huit amicts, une cornette, deux aubes, trois cordons, huit purificatoires, un lavabo, cinq corporaux, deux surplis, une chape de toutes couleurs à galons d'or, une chasuble avec étole, manipule et voile, et un ornement complet. Pour les matières d'or, d'argent et de cuivre : un calice, une lampe, une cloche, une clochette.
Manque à l'appel la croix d'or, pourtant mentionnée dans plusieurs comptes de fabrique — on avait payé 70 livres en 1775 à un orfèvre de Quimper pour la raccommoder. La tradition prétend qu'elle fut cachée dans la chaussée d'un chemin aux environs du village de Brouzouloux.
La vente du mobilier eut lieu le 29 thermidor an III, à huit heures du matin, à la criée, par un crieur du village de Kerbelec. On y vendit trois plats, un buffet, deux confessionnaux, un pupitre, deux fauteuils, la tribune elle-même et trois chandeliers de bois ; le tout produisit 59 livres 10 sols. Sa cloche, avec celles des autres chapelles de Cléden, fût transportée jusqu'à Brest par le brigantin L'Espérance, de l'Île-Dieu ; la descente et le transport de ces cloches jusqu'à Audierne coûtèrent 54 livres, payées à un homme de Cléden. Le batiment en lui même, estimé 400 livres, fût adjugé pour 2050 livres — cinq fois l'estimation — à Yves Cotten, de Brémel, le 16 août 1795. Le détail de la vente des chapelles de Cléden figure dans la page le XVIIIe siècle.
Les Clédinois tentèrent de sauver leurs chapelles. Le 21 messidor an III, le conseil général de la commune délibéra pour obtenir Langroaz et Saint-Tugdual afin d'y exercer le culte. Le directoire du district répondit six jours plus tard, le 27 messidor, que la loi n'accorde à chaque commune que l'église parroissiale pour l'exercice de son culte, que d'ailleurs les dites chapelles étaient en vente, et qu'il n'y avait donc pas lieu de donner suite.
La chapelle ne fut rendue au culte qu'à la pacification. Elle le fut grâce aux fidèles eux-mêmes : plusieurs rapportèrent alors les meubles anciens qu'ils avaient rachetés à la criée et conservés chez eux pendant des années.
La chapelle et les seigneurs de Kéridiern
La chapelle ne se comprend pas sans le manoir voisin, dont elle porte les armes. La seigneurie de Kéridiern, la plus petite de Cléden, se dressait à quelques centaines de mètres, à gauche de la route conduisant au bourg ; son histoire est racontée dans la page consacrée au Moyen Âge. Ce qui appartient en propre à la chapelle, c'est le lien du sang et de la pierre qui l'unit à cette famille.
Ce lien se lit d'abord sur le calvaire, dont l'ancienne branche de kersanton porte les armes des Kéridiern, d'or à trois roses de gueules, accolées à celles d'une alliance — probablement les Du Disquay, ce qui renverrait au mariage de Charles de Kéridiern avec Constance Du Disquay vers 1646. Une parcelle voisine du manoir porte d'ailleurs encore le nom de Parc-ar-Groaz, le champ de la croix.
Il se lit ensuite dans l'église paroissiale, où les Kéridiern avaient leur enfeu et leur chapelle prohibitive, c'est-à-dire réservée à leur seule famille. C'est là que fut inhumé le dernier du nom, Vincent de Kéridiern, mort sans postérité en 1711 :
Ce jour onziesme de septembre mil sept cent onze a esté inhumé le corps de Messire Vincent de Kéridiern, escuyer, seigneur chef de nom et d'armes de Kéridiern, capitaine de cette paroisse, après avoir reçu ses sacrements, aagé d'environ cinquante et cinq ans, et son corps mis en son enfeu à sa chapelle prohibitive […] l'enterrement fait par M. le Recteur de Plogoff.
Ces prééminences se défendaient parfois âprement. En novembre 1635, Jacques de Saludem, seigneur de Kerazan, accusa le seigneur de Kéridiern d'avoir fait ôter clandestinement plusieurs écussons de la maîtresse vitre de l'église de Cléden, sous prétexte de donner de la clarté au maître-autel, et d'avoir fait déposer par un vitrier les verres de deux petits soufflets de la même fenêtre pour y placer ses propres armes. Les vitres, emportées et gardées deux mois, laissèrent l'église dans la pénombre pour les fêtes de Noël. L'affaire fut plaidée devant le présidial de Quimper les 4, 5, 6 et 7 septembre 1639 ; la sentence est perdue2.
La légende de Katel Kerlaër
Un jour, Katel Kerlaër, mendiante de plogoff, entre dans la chapelle de Langroaz pour faire ses dévotions. Elle s'agenouille devant le groupe de personnages, aperçoit un hibou posé sur la tête de l'un d'eux, le prend pour un saint et lui débite la prière en ces termes :
Gant ho fri krog hag ho ivinou,
Pardonit d'eon va fec'hejou.
Avec votre nez crochu et vos griffes,
pardonnez-moi mes péchés.
Cette Katel Kerlaër était réputée comme une "jeteuse de sort" (drouk-avis, mauvais oeil), dont les sortilèges avaient terrifié la population. Une nuit, pour s'en débarrasser, on mit le feu à sa masure et la vieille sorcière y fût brulée vive. (d'après Le Carguet)
1. MM PEYRON et ABGRALL, Notice sur Cléden-Cap-Sizun.
2. Daniel BERNARD, « Études sur le Cap-Sizun. II. La chapelle de Langroaz et la seigneurie de Kéridiern, en Cléden-Cap-Sizun », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome XXXVI, 1909, p. 262-277. Le fac-similé est consultable sur documents.cap-sizun.com.
3. Les pièces d'archives citées par Daniel BERNARD proviennent des Archives du Finistère (district de Pont-Croix, séries E et L), des registres d'état civil de Cléden-Cap-Sizun et des comptes de fabrique des chapelles de Langroaz et de Saint-They.
4. Daniel BERNARD habitait le village de Brézoulous, voisin de la chapelle : information de tradition locale, qui ne figure pas dans le Bulletin.
Localisation
Coordonnées GPS : 48.047613, -4.616961
À proximité : Calvaire de Langroas (10 m), Langroaz (20 m), Calvaire de Quillivic (ouest) (230 m), Vougéloc (Ar) (240 m), Calvaire de Quillivic (est) (320 m), Quillivic (390 m).
